N°82
Sept./Oct. 2021
OPINION

Transactions syndics de copropriétés : frères de raison

SYNERGIE, PROFESSIONNEL, GLOBAL

C'est bien connu l'herbe est toujours plus verte ailleurs. La vache broute souvent sous la clôture du pré d'à côté, comme si, lasse de son pâturage, celui du voisin avait meilleur goût. Cette maxime populaire nous rappelle souvent que nous avons tendance à regarder l'activité des autres comme étant plus facile, plus agréable, ou plus rentable et plus lucrative que la nôtre.

Rédaction : Jean-François Buet

Buet

En réalité, elle ne s'applique qu'assez peu aux deux activités phares de nos agences immobilières, la transaction et le syndic.En effet, combien de fois entendons-nous dans la bouche d'un négociateur ou d'une négociatrice en parlant du syndic : « Je ne ferais pas ce métier pour tout l'or du monde : que des réclamations, de l'administratif, des comptes, des sinistres et une image pas toujours positive, pour un métier qui se complexifie et qui est de plus en plus règlementé » ? Aussi surprenant qu'il soit, mais avec plus de nuances, c'est un peu la même posture pour les gestionnaires de copropriétés : « Faire de la vente, avec tous les aléas du chiffre d'affaires, une rémunération en dents de scie, et des clients infidèles qui ne savent pas ce qu'ils veulent..jamais » ! Pire même, et c'est bien là où le bât blesse, il est courant d'entendre des gestionnaires ou des comptables en copropriété, critiquer les commerciaux qui leur demandent dans l'urgence d'un compromis à rédiger (ou à faire rédiger par l'officier ministériel) les éléments de l'article 54 (règlement, PV, comptes annexe 1). Ce que les notaires appellent improprement le « pré-état daté ».
Et puis pour certains d'entre eux, la transaction est synonyme d'argent facile...

De leur côté, les négociateurs, qu'ils soient salariés ou agent commerciaux indépendants, ayant besoin de ces fameux documents pour leur dossier de mandat de vente ainsi que pour le compromis ou la promesse, ne comprennent pas toujours pourquoi les syndics n'acceptent pas de les leurs fournir sans délai, alors même que la loi ne leurs impose rien à ce sujet. De là des critiques simplistes et néfastes nuisent aux deux parties, et donc à l'ensemble de la profession. Faut-il rappeler que le logement est une chaîne où nous avons tous besoin les uns des autres, et en particulier tous ceux relevant de la même loi Hoguet qui règlemente tant les gestionnaires que les syndics ou les transactionnaires. Par cette loi, nos activités sont indéfectiblement liées. Nous sommes tous des acteurs de la gestion des logements existants. Vendre, louer, faire gérer un logement ou une copropriété relève bien de la gestion de l'habitat existant par opposition à la promotion-construction, c-à-d la production de logements neufs.
Nous devons penser global, penser consommateur, et défendre une profession toute entière.

Pas besoin de pratiquer les trois activités de vente, de gestion ou de copropriété, pour le comprendre. A quoi sert un commercial sans staff administratif ou comptable ? A quoi sert un gestionnaire sans un service commercial ? Attention enfin aux mauvaises idées des pouvoirs publics qui ont déjà envisagé par le passé de sortir l'activité de syndic de la loi Hoguet. Et pourquoi pas à terme interdire à un syndic de faire de la transaction ou de la gestion et interdire à un agent immobilier l'activité de gérance locative, de location ou de syndic ? Alors imaginons la profession prendre conscience de son importance (le logement est le 1er poste budgétaire mensuel de chacun), de sa cohérence, et de ses complexités. Vendre un appartement n'est pas simple. Combien de temps, de savoir-faire, de formation, et de prospection pour rentrer un mandat au bon prix et le vendre, sans compter toutes les visites et les clients tricheurs ? Comment vendre cet appartement qui par définition est un lot de copropriété sans connaitre à minima les rouages et comptes de la loi de 1965 ? Comment gérer un immeuble avec ses particularités, ses dégâts des eaux, ses réunions tardives, et ses querelles de voisinage, sans un minimum de sens commercial ? C'est pourquoi il appartient aux transactionnaires de prendre la défense des syndics devant les notaires qui évoquent les comptes et les PV ou les clients vendeurs. Tout comme il appartient aux syndics de valoriser le travail souvent incompris des confrères commerciaux par les acquéreurs.

C'est à ce prix que la profession toute entière gagnera en lisibilité et en respectabilité. Le digital ne remplacera pas l'indispensable présentiel, mais il l'appuiera afin de répondre aux attentes clients et aux changements dans la gestion de la relation commerciale, concurrence oblige...

C'est la naissance du phygital, la fusion entre le web et le commerce physique, la rencontre du site internet et de l'humain. Encore plus réel dans nos métiers de services que dans la distribution de produits de consommation classique, l'humain reste la pierre angulaire de nos relations commerciales.

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Expression #82

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