N°30
Janv/Fév. 2013

Interview : Jean-François BUET,
Président de la FNAIM

Président de la Fnaim, Jean-François BUET est l'un des porte-voix du secteur immobilier. Fort de son expertise, il nous fait partager ses perspectives et recommandations face au climat morose qui s'annonce en ce début d'année. Jean-François Buet nous les fait partager.

 

Votre mandat en tant que Président de la FNAIM vient de débuter. Lobbying, force médiatique, poids politique font partie de vos ambitions pour la FNAIM. Les réformes gouvernementales, avec leur lot de ponctions fiscales, motivent-elles votre détermination ?

Je crois que la profession est régulièrement en mutation et doit s'adapter aux besoins de la clientèle. Le fait que, par ailleurs, les pouvoirs publics souhaitent faire évoluer la réglementation, quelle qu'elle soit, pousse la profession à se remettre en cause et ce n'est pas forcément mauvais. Tout dépend de quelle réforme on parle. Sur les plus values, je pense que c'est assez négatif. Je ne parle pas que des taux, ou de la philosophie de taxer le capital, mais de la méthode. Plus personne ne sait ce qu'il s'est dit en un mois et demi à l'Assemblée nationale. Il y a une énorme confusion et un yoyo fiscal qui fait qu'aujourd'hui, les gens se disent : « Je ne fais rien, j'attends, parce que je ne comprends plus rien ». Ce n'est pas de cette manière que nous allons redynamiser le marché, mais en le fluidifiant, en redonnant de la confiance, pour que le volume des transactions participe à l'équilibre des prix.

Les taux d'intérêts ont atteint un taux historiquement bas. Selon vous, cela ne va pas suffire à relancer les transactions. Au contraire, vous êtes partisan d'une légère remontée des taux. Pourquoi ?

Plus exactement et contrairement à ce que disent mes confrères sur le sujet, je pense qu'une éventuelle légère remontée des taux dans trois mois pourrait faire comprendre à nos concitoyens que les prix ayant baissé - mais n'allant pas s'effondrer - représenterait le bon moment pour acheter. Une augmentation à la marge des taux de 0,2 % à 0,3 % permettrait peut-être de redynamiser le marché.

La réforme du PTZ est opérationnelle depuis le 1er janvier. Que pensez-vous de la disparition de l'accession à une aide pour les primo-accédants dans l'ancien?

Je prône très clairement le rétablissement d'un mini PTZ social dans l'ancien pour les primo-accédants les plus modestes. Je sais très bien que les ressources de l'Etat sont limitées. Je suis citoyen comme tout le monde, j'ai envie que mon pays se porte bien, donc je ne demande pas n'importe quoi. Par contre, il y a aussi des gens qui pourraient sortir du parc locatif social ou privé, qui seraient des primo-accédants, mais qui ne peuvent pas le faire car il leur manque les 8 000 ? qui leur permettraient soit de financer les droits d'enregistrement, soit de se constituer le minimum d'apport personnel que les critères de Bâle III obligent à avoir. On a pour habitude d'opposer le neuf et l'ancien, or le tout forme un marché qui se tient. Quand on regarde la typologie des acquéreurs de résidence principale dans le neuf dans les zones tendues, on voit bien que ce sont essentiellement des gens qui achètent en vendant un bien ancien. C'est une hérésie de penser que les primo-accédants n'achètent que du neuf. Demandez aux primo-accédants à Paris ! Soyons raisonnables

La loi Hoguet réglemente les conditions d'exercice des professionnels de l'immobilier depuis 1972. Quelles pourraient être les 2 ou 3 mesures phare de la réforme ?

Nous réclamons la création d'une carte professionnelle S. Pour exercer aujourd'hui, il faut une carte T ou une carte G, et la carte G permet de faire de la gestion locative et du syndic de copropriété. Nous pensons qu'il est important qu'il y ait une carte T, une carte G et une carte S, parce que ce ne sont pas les mêmes métiers. L'accès à la profession nécessite un peu plus de compétences ou d'expérience que la loi ne le demande aujourd'hui. Un conseil national de la profession, à l'intérieur duquel nous interviendrions, aux côtés de représentants d'associations de consommateurs, donnerait une légitimité plus grande à notre organisme au regard du consommateur.

Faut-il envisager la facturation d'honoraires de base pour baisser le coût final du client ?

Il y a déjà eu une évolution, on peut à présent facturer ses prestations. Je suis plutôt libéral sur le sujet à partir du moment où l'on s'adresse à des commerçants. Si nous voulons défendre nos métiers, il faut utiliser les bons mots. Trop de confrères parlent encore de frais, de Frais d'agence inclus et de commissions. Or nous devons facturer des honoraires en contrepartie d'une réelle prestation. C'est pour cela que nous sommes souvent mal compris et que nous n'avons pas une bonne image. Nous favorisons de plus en plus le marché en inter-cabinet pour fluidifier le marché. Les honoraires sont partagés entre l'agence qui a le mandat et l'agence qui a l'acquéreur, cela fait en moyenne 2,25 % pour chacun.

Les acquéreurs et les vendeurs sont dans une période d'attentisme. Quels sont les freins à l'épanouissement du marché et vos principales pistes de travail ?

Premièrement, il nous manque une vraie politique du logement stratégique pérenne pour les 5 années à venir. La 2ème chose serait la mise en place de ce mini prêt à taux zéro et la 3e, un vrai statut du bailleur privé en France. Il faut arrêter de penser que lorsque l'argent est investi dans l'immobilier, il ne l'est pas dans l'économie, comme si l'immobilier n'était pas un pan entier de l'économie. Je ne cache pas ma satisfaction de voir le ministère du Logement nous ouvrir la porte pour discuter. Trop de gens sont en recherche de logement et ont des difficultés.

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Expression #30

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