Relance de l’immobilier : Ce qui va sortir du G20

Stratégie Décembre 2008

MOTS CLES : G20 | Crise financière
g20

Le 15 novembre, les vingt pays les plus développés de la planète, réunis en G20 à Washington, ont planché sur la crise financière qui secoue les marchés. Objectif : relancer la croissance. Le marché immobilier français, fortement dépendant de la croissance, s'intéresse aux solutions avancées et en propose d'autres.

« On sait très bien d’où la crise est partie ». Avec ces mots, le Président de la République Française Nicolas Sarkozy avait pointé du doigt le système américain et les désormais célèbres subprimes, crédits à risque que de nombreux ménages américains avaient contracté. Le laxisme de certaines banques, proposant des crédits à des foyers non solvables, a précipité le système financier américain, puis planétaire, dans une crise sans précédent.

A l'origine : les subprimes

Les subprimes et donc le marché immobilier américain ont été l’élément déclencheur de cette crise. Cependant, la mondialisation et la globalisation de l’économie mondiale ont permis à cette crise de s'insinuer dans les banques internationales et les marchés financiers en général. Certaines dérives du système financier ont été pointées du doigt : prêts interbancaires, mauvaise gouvernance, paradis fiscaux, actifs toxiques ou pourris ont miné le moral de l’économie mondiale. Le marché immobilier, américain et européen, s’est alors effondré comme un château de carte, dépendant des banques, elles-mêmes dépendantes des marchés.

A l’initiative de l'Union Européenne, une réunion entre les 20 premières puissances mondiales, comprenant le G8 ainsi que les douze plus grandes puissances économiques émergentes du globe, s’est tenue à Washington le 15 novembre. Le but : poser les fondations d’une réforme économique mondiale et faire face à la récession.

L’immobilier au coeur de l’économie

La hantise de ces vingt économies mondiales est de voir la récession s'ancrer dans le paysage économique mondial pour de nombreuses années. Aux grands maux, les grands remèdes. De la France à la Chine en passant par les Etats-Unis, chaque gouvernement a lancé son plan d'action pour relancer l'économie. Cela est passé par des plans de sauvetages des banques du pays, piliers centraux de l’économie mondiale. La méforme des banques, leur volonté de restreindre les prêts aux particuliers comme aux entreprises, gèlent l’économie. L’immobilier pâtit de cette crise de confiance, que ce soit les promoteurs, les agents immobiliers ou les vendeurs. «Indiscutablement, nous avons plus de mal à faire notre travail », explique Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de CAFPI, agence de courtiers en prêts immobiliers. Seuls les acheteurs voient les prix baisser. Pour relancer l'économie et restaurer la confiance, indispensable aux yeux de tous, il fallait agir. Le G20 a souhaité lancer un plan d'action. « Concrètement, ce qui m'apporte pour le terrain, c'est de redonner de la confiance, attaquée par la crise et les excès. On a bon espoir de s'en sortir aujourd’hui », se rassure Philippe Taboret. Ce plan d'action, sans réellement toucher aux fondements du système actuel et lancer une réforme du système financier, s'attache à la relance de l'économie mondiale.

Une question de relance générale

Pour cela, les Vingt veulent prendre des mesures de soutien direct et de stimulation de l’économie. Un interventionnisme bien loin de l'idéal libéral de ces vingt pays. Ces derniers s'engagent à prendre des «mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides ». Cinq actions ont été écrites noir sur blanc : renforcer la transparence et la responsabilité, promouvoir une régulation saine, promouvoir l'intégrité des marchés financiers, renforcer la coopération internationale et réformer les institutions financières internationales. « Je n'ai pas l'impression que le G20 ait abouti sur quelque chose de concret, mais plutôt une volonté et une cohérence d’établir des règles communes, pense Philippe Taboret. Indiscutablement, cela va dans le bon sens. Ce n'est pas un plan d’action, plutôt les fondements d’un système de marché qui tente de réguler. C’est très ambitieux et indispensable d’avoir demain une union sacrée de gestion financière. » Pour ces cinq principes, certaines actions doivent être entreprises en urgence, avant le 31 mars 2009. D'autres seront entreprises à moyen terme.

Relance économique = relance de l'emprunt

La relance économique mondiale ne peut faire que du bien au marché immobilier français. Elle est d'ordre budgétaire, voire monétaire. Le communiqué du G20 évoque « l'utilisation des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides ». Ces mesures budgétaires sont, entres autres, la baisse des taux d’intérêt, une action concrète pour les professionnels du secteur de l'immobilier et pour les particuliers. «La crise a eu pour effet de faire augmenter les taux d’intérêts. L’'effet final du G20 est la baisse des taux d’intérêts, sensible aujourd’hui et qui devrait continuer. Cela redonne une solvabilité et un signe positif aux marchés. C'est très favorable pour l'emprunt et le financement », reconnaît Philippe Taboret. Et également pour la consommation en générale. Seulement, cette solution semble limitée car de tels plans d'actions devraient faire exploser les déficits publics des différents Etats concernés. Ces mêmes Etats seront obligés de faire des emprunts aux Banques Centrales, quitte à faire envoler les taux d'intérêt à long terme.

Le G20 – en fait, la seule grande nouveauté de la crise internationale qui permet à douze pays émergents d’avoir leur mot à dire aux côtés du G8 - devrait maintenant se réunir vers le 31 mars 2009 afin de faire le bilan de la première réunion et de proposer de nouvelles solutions, si besoin.

Philippe Taboret

"Il faut construire où la demande est forte et l’offre insuffisante"

Pour Philippe Taboret, la situation actuelle, la crise du marché immobilier français, a deux responsables, l'Etat et les particuliers, et non les banques.«Depuis 6 mois, j'entends dire que les critères des banques se sont resserrés. Non,c’est la demande qui s’est raréfiée. Les gens veulent rapatrier leur argent sous leur édredon et attendre que les prix baissent. Ici, en France, les banques sont régulées et les prix de l'immobilier ne vont pas beaucoup baisser car l'offre est insuffisante ». Le mot est lâché : une offre insuffisante ? En France, il manque un million de logements. Un rapport du Sénat, « Les facteurs fonciers et immobiliers de la crise du logement », de 2004, montrait qu'il n'existait « pas de pénurie de foncier brut », mais une « pénurie de l'offre de terrains mis sur le marché au regard de la demande de logements ». En clair, ce sont les collectivités locales, conseils généraux et maires qui freineraient la construction. « Plus qu'une crise économique, c'est une crise de l'habitat à cause du manque de logement, renchérit Philippe Taboret. On ne peut pas éternellement attendre. Libérer du foncier est la seule solution. Les collectivités locales doivent faire des efforts. On ne construit pas assez ou alors on construit où personne ne veut acheter. Il faut construire dans les centres-villes et les périphéries, où la demande est très forte et l'offre très insuffisante ».

Hortense des Dorides

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Information de l'immobilier d'Expression #6

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